Ce que je vais dire n'est pas spécialement joyeux et parfois exagéré.

Ok ! Mais le fond y est.

 

Beaucoup de jeunes arrivent sur le marché du travail sans formation. Prenons deux exemples :

Mathieu a 14 ans. Il ne fait plus rien au collège et ses notes sont catastrophiques. Il veut partir mais la loi l'oblige à être scolarisé jusqu'à 16 ans. Les profs, qui ont l'habitude ce ce genre d'élèves, le font passer en classe supérieure : on ne peut rien en faire, il attendra tranquillement ses 16 ans. A l'age dit, Mathieu part … direction la cité ou la rue. Il est humilié, aigri. Comment va-t-il tourner ?

Eliane a obtenu son bac scientifique sans enthousiasme. Elle est rentrée en psycho parce que la fac est dans une grande ville et que psycho, ça fait bien dans son entourage. Au bout de quelques mois, elle se rend compte que ça ne lui convient pas. Elle reste jusqu'en juin pour continuer à toucher la bourse et en septembre, elle se retrouve en première année de bio. Bio ? Bof ! L'année d'après, première année de droit. Finalement, elle abandonne l'enseignement supérieur. Trois ans de perdus pour elle et un coût certain pour la société.

  

Il y a trop de bacheliers le bac est dévalorisé. Début des années 80, on a voulu que 80% des jeunes aient le bac. Ok, mais tous les jeunes ont-ils forcément les capacités ou la volonté d'aller au bac ?

On a donc crée des bacs professionnels dont le niveau est plutôt comparable aux anciens CAP … les compétences techniques en moins.

On a régulièrement baissé les niveaux des bacs techniques, allant même jusqu'à supprimer les travaux sur machines.

Les bacs généraux ont suivi le mouvement. Un étudiant en première année d'IUT ne sait plus faire un produit vectoriel et ne parlons pas du calcul intégral qui ne déclenche qu'un sourire gêné.

Tous les enseignants du supérieur sont unanimes le niveau d'entrée des étudiants a énormément baissé, ce qui oblige a diminuer leurs prétentions de formation. Et ceci, quelque soit la matière enseignée.

  

Les diplômes d'ingénieur foisonnent et sont dévalorisés. La réussite financière d'un pays est fonction de ses capacités à concevoir et développer des produits. C'est bien le cœur du métier d'ingénieur, non ?

En ce qui concerne les grandes écoles, ça va : les candidats, élites des disciplines scientifiques, sont compétents, les étudiants sont brillants. Sauf qu'une bonne partie choisira l'option « finances » de l'école d'ingénieur : ça rapporte plus en sortie...

Par contre, beaucoup d'écoles d'ingénieurs se sont créées. En formation initiale, le niveau est encore à peu près convenable, même si ces écoles sont obligées de piocher bas.

Mais il existe maintenant des écoles d'ingénieur par alternance. Pour y rentrer, il faut avant tout avoir une entreprise d'accueil. C'est tellement difficile à trouver que ces écoles recrutent jusqu'aux plus mauvais étudiants d'IUT, pourvu que papa ait pu, par ses connaissances, dénicher l'entreprise miracle. Lorsqu'on étudie leurs formations, on se rend compte que le niveau de sortie est celui d'un technicien supérieur amélioré. Beaucoup de grandes écoles se sont engouffrées dans cette voix, ouvrant en parallèle une formation par alternance. Et lors de la présentation de cette formation, ils assurent, sans vergogne, aux candidats éventuels qu'ils auront le même diplôme que les autres étudiants en formation classique. N'est-ce pas, l'Ecole des Mines de Saint-Etienne ?

Enfin, dans cette petite ville proche de Lyon, on a monté une formation dite « Sciences de l'Ingénieur ». Certains enseignants chercheurs avaient besoin de postes. Et la mairie poussait aussi : il faut augmenter le nombre d'étudiants dans la ville. C'est pour sa renommée et son économie. Bon : le diplôme, on l'a nommé « diplôme d'ingénieur ». Ca fait bien … pour celui qui n'a pas vu le programme réellement effectué. On a des problèmes de recrutement : les jeunes français ne veulent pas venir. On contourne : on va aller chercher des étudiants du Maghreb. On en trouvera toujours. C'est ainsi que dans une promo de 80, on a 75 marocains ! Quoi ? De l'immigration déguisée ? Je n'ai pas dit ça !

  

Il y a pléthore d'étudiants dans des filières sans débouchés. Vous voulez faire de la psycho ? De la bio ? De la socio ? De la communication ? Foncez ! En plus c'est dans la grande ville. Ca fait bien auprès des copains et on va s'amuser. Y a pas de boulot après ? Est-ce vraiment la préoccupation première du lycéen de terminale ?

On se retrouve 5 ans après avec un master de biologie. Ah ! Pas d'embauche ! On va donc faire un doctorat. 3 ans après, pas d'embauche. Si ! J'ai trouvé : dans la chocolaterie de la ville, je vais mettre les chocolats dans des boites...

  

Les formations indispensables à l'économie française dans les villes peu attractives. Après un DUT de Maintenance Industrielle, on trouve du boulot. Les entreprises sont très demandeuses. Mais voila : rien que le nom « Maintenance Industrielle », ça fait fuir.

Mes copains vont bien se foutre de ma g.... ! En plus, c'est dans cette petite ville alors que je n'ai qu'une envie : aller dans la grande ville pour l'ambiance. Entre les études et le lieu, il y a double punition ! Aller. Je file en psycho !

Et c'est comme ça que ces formations n'arrivent pas à recruter.

Formations très chères pour la société, entre parenthèses : elles exigent du matériel de pointe qu'il est impossible de rentabiliser vu le manque de tissus industriel et de formations équivalentes pour le mutualiser dans les petites villes. Pour ajouter à ce gâchis, notons que beaucoup d'enseignants n'aiment pas partager. C'est ainsi que dans le même IUT, on trouve deux ateliers avec des machines à peu près identiques, ateliers qui ne seront chacun utilisés pas plus de deux jours par semaine...

 

Trop d'étudiants étrangers bouche-trous dans le supérieur. Il est bien d'accueillir un certain nombre d'étudiants étrangers : rayonnement de la France, relations économiques privilégiées avec les élites retournées dans leurs pays après leur formation en France. Mais dans beaucoup de cas, il s'agit de remplir coûte que coûte les formations qui ont du mal à recruter. Faire du nombre. Et ça coûte effectivement.

Dans d'autre cas, pouvez-vous m'expliquer pourquoi un Sénégalais vient faire des études d'anglais en France ? Mais non, je n'ai toujours pas parlé de filière d'immigration déguisée...

  

L'industrie manque de certaines spécialisations.  On ne trouve pas de tourneurs ? De fraiseurs ? D'ajusteurs ? Et oui ! Mais je vous rappelle qu'il faut que les Français aient le bac ! Que voulez-vous qu'ils apprennent ces métiers après leur bac ?

On manque de scientifiques et techniciens de haut niveau ? Pourquoi apprendre ça ? La finance, ça paie tellement mieux !

  

Des enseignants souvent déconnectés de la vie économique du pays. Oui, mais combien parmi eux ont-ils seulement travaillé quelque temps en entreprise dans leur vie ? Pour être prof, c'est pas facile. Il faut ingurgiter, au lycée et dans le supérieur, puis passer des concours très sélectifs dans la foulée des études. Ensuite, on ne va pas bosser dans le privé : on est prof et on file sur son premier poste.

Finalement, on n'aura pas connu le monde du travail réel...

  

Difficile de se former ou se cultiver pour la population française. Mon gars, à 17 ans, tu choisis le métier que tu veux faire. Ok : t'en a aucune idée, tu ne connais rien au monde du travail. Mais choisis ! Après, ce sera trop tard.

Quand t'auras ton diplôme, t'iras bosser et tu regarderas « plus belle la vie » en rentrant le soir...

- Mais maintenant j'ai 35 ans, je veux me reconvertir !

- T'es fou ou quoi ? Si t'es pas content, d'autres voudront ta place. Au boulot ! La formation, ça va bien quand t'es jeune (et que tu t'en f... !). Maintenant, c'est trop tard. Regarde « plus belle la vie » le soir. Regarde bien aussi les pubs à la télé qui te prouvent que le bonheur dans la vie n'est pas de se cultiver mais c'est d'aller pousser son chariot à Carrefour le samedi.

  

L'apprentissage des langues a un très mauvais rendement au collège et lycée : combien de personnes à l'age de 30 ans parlent encore l'anglais, malgré les 10 ans subis à l'école ? Quel gâchis ! Heureusement, les traducteurs automatiques simultanés arrivent. Le problème n'en sera bientôt plus un … Mais au fait, aura t-on encore besoin de profs de langues ?